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  • ETATS D'URGENCE

    ETATS D'URGENCE
    UNE HISTOIRE SPATIALE DU
    CONTINUUM COLONIAL FRANÇAIS

    Auteur : Léopold LAMBERT

    VENTE DIRECTE POSSIBLE EN NOUVELLE-CALEDONIE (Dépôt local)
    Prix de vente : 2200 F CFP ; nous contacter  à lindependant.knc@gmail.com

    Descriptif :
    L’auteur est un ami de la cause indépendantiste en Kanaky.
    Il fait un parallèle entre trois « état d’urgence » décrétés par la l’État français, comme par hasard liés par de lourdes similitudes :
    - en Algérie de 1954 à 1962
    - du soulèvement des quartiers populaires en France en 2005,
    - de l’insurrection kanak de 1984 à 1988.

    Dans son étude, il utilise le concept de continuum colonial tant dans sa dimension temporelle que géographique. En son sein circulent notamment un certain nombre d'officiers militaires et hauts fonctionnaires coloniaux, mais aussi des populations immigrées et des révolutionnaires.

    Ainsi, il lie aussi bien les camps de regroupement en Algérie, la ville blanche de Nouméa, les commissariats des banlieues françaises, la Casbah d'Alger, les tribus kanak ou encore les bidonvilles de Nanterre...


     

  • LA FRANCE EN NC : ÉVITER L’INDÉPENDANCE, QUOI QU’IL EN COÛTE ?

    LA FRANCE EN NC : EVITER L'INDEPENDANCE, QUOI QU'IL EN COUTE ?
    Fichier .pdf, cliquer sur le titre ci-dessus pour ouvrir
    Temps total de lecture des 4 parties : 28mn (3mn+5mn+9mn+11mn)

  • RECOURS en CONSEIL D'ETAT : CLIPS de CAMPAGNE RACISTES

    Des clips vidéo de campagne des partisans du NON sont diffusés depuis le 29 novembre sur les médias d'Etat.
    Tandis qu'aucun clip des partisans du OUI n'est diffusé, ceux ci ayant décidé unanimement de leur refus de participer.

    Il s'agit d'une campagne légale, normalement supervisée par le CSA.
    Une bonne partie de ces clips sont à caractère raciste, insultant, méprisant.
    Ils proviennent des groupes "LesvoixduNon" 2 & 3.
    Mais malgré les protestations par communiqué du FLNKS et de plusieurs personnalités,
    ces clips continuent à être montrés aux calédoniens à la fin des JT, aux heures de grande écoute.

    Un grand merci donc aux personnalités qui ont pris l'initiative d'un RECOURS EN CONSEIL D'ETAT

    Voici le recours : cliquer ici

    L'explication des reproches faits à ces clips est détaillée sur le recours.
    En résumé du plus frappant, c'est la débilité des idées et l'accent des Kanak et Océaniens qui choque, mais surtout, aussi, le fait que celui qui donne les "bonnes" réponses d'un ton supérieur n'a, lui, aucun accent local !

    Et voici les clips incriminés justement selon nous (cliquer sur l'image ; un temps d'attente avant ouverture est possible) : 

    Clip "Nationalité et passeport français"                                                                          Clip "Allez voter"                          

    Clip nationalite passeportClip allez voter

     

     

     

     

     

     

     

    Clip "L'enseignement"                                                                                    Clip "L'environnement"

    Clip enseignement

    Clip environnement

     

     

     

     

     

     

    Clip "La sécurité"                                                                                           Clip "Le Pouvoir d'achat"

    Clip securite

    Clip le pouvoir d achat

     

     

     

     

     




    Disons pour terminer que nous sommes sidérés par les outrances de ces clips nous prenant vraiment tous pour des gosses du primaire !! 

     

     

     

     

     

  • LA FRANCE EN NC : ÉVITER L’INDÉPENDANCE, QUOI QU’IL EN COÛTE ? -Partie A-

    Texte Intégral version .pdf (Parties A;B;C;D)

    A) La France contre les règles de l’ONU sur le colonialisme.

    INTRODUCTION
    La France se veut une grande nation à dimension mondiale, au regard de deux éléments phares et contradictoires de son Histoire : la diffusion au monde en avant-première des droits sacrés de l’Homme, et … son implantation autour du globe, en des terres souvent conquises par la force sur des peuples puis fructifiées via la colonisation.
    La Nouvelle-Calédonie, dernière colonie de peuplement qu’elle détient encore (après l’indépendance de l’Algérie), laisse un malaise aux yeux du monde, et illustre cette dichotomie française qui l’entraîne dans la duplicité voire la schizophrénie pour préserver cette ‘grandeur’ paradoxale.

    L’obtention aux forceps par la France d’un des 5 sièges de membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, en 1946, est dûe à la fois à son étiquette (discutée) de co-vainqueur de la guerre, et à son rang dans la population mondiale … grâce à un empire colonial d’alors, qu’elle n’a plus aujourd’hui.
    Dans cette position fragile (l’Allemagne a d’ailleurs suggéré fin 2018 que ce siège soit remis à l’Europe par la France), l’on pourrait attendre une France exemplaire à l’ONU. Qu’en est-il ?

        1) La charte de l’ONU de 1946.

    Elle traite entre autres des populations des « territoires non autonomes », une litote, de façon assez ferme. L’article 73 b) demande à « développer leur capacité de s'administrer elles-mêmes (...) et de les aider dans le développement progressif de leurs libres institutions politiques ». L’alinéa e exige des puissances administrantes qu’elles communiquent régulièrement à l’ONU « des renseignements (…) relatifs aux conditions économiques, sociales et de l'instruction (…) » sur ces territoires. Une première liste de 74 territoires est établie (résolution 66 du 4/12/1946). La Nouvelle-Calédonie en fait partie, et la France a communiqué des renseignement sur elle cette année là.

        2) La résolution 1514 (14/12/1960)

    Elle jette les fondements de la décolonisation : « 1. La sujetion des peuples (…) constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme (…) et compromet la cause de la paix (…) ».

    L’ONU ajoute : « 3. Le manque de préparation dans les domaines politique, économique ou social ou dans celui de l’enseignement ne doit jamais être pris comme prétexte pour retarder l’indépendance ».
    La France au contraire appuiera souvent sur ce point pour garder ses prérogatives.

        3) La résolution 1541 (15/12/1960)

    Elle précise quels territoires sont « de type colonial » et donc « dans un état dynamique d’évolution et de progrès vers la pleine capacité à s’administrer eux-mêmes ». Un tel territoire est « géographiquement séparé et ethniquement ou culturellement distinct du pays qui l’administre ».
    Manifestement la Calédonie en est, mais la France, profite de sa position éminente à l'ONU :  prétextant du changement de statut de la Calédonie, qui devient T.O.M. en 1946, elle estime abusivement que celle-ci est ainsi autonome, et obtient alors sa radiation de la liste des pays à décoloniser... alors même que les autochtones Kanak n'y ont pas encore le droit de vote

    Ainsi elle cesse de communiquer les renseignements requis.

        4) La résolution 35/118 du 10/12/1980.

    Vue la duplicité de certaines puissances administrantes qui noient le poisson, et surtout l’autochtone dans une immigration massive, l’ONU précise une évidence : elles doivent « décourager ou prévenir l’afflux systématique dans les territoires sous domination coloniale d’immigrants et de colons venus de l’extérieur qui bouleversent la composition démographique de ces territoires et peut être un obstacle majeur à l’exercice véritable du droit à l’autodétermination et à l’indépendance par les habitants (…). ».
    La France n’en tiendra aucun compte (jusqu’aujourd’hui) : dès les années 1950 (Jaquinot), puis les années 1972 (Messmer), elle rendre sciemment minoritaire le peuple autochtone.

    Cela constitue de facto un « obstacle majeur à l’indépendance », le peuple autochtone votant à plus de 80 % pour celle-ci aux consultations référendaires et les allochtones à près de 80 % contre.

        5) La Résolution 41/41 du 2 décembre 1986.

    Elle va sonner la révolte du Pacifique. En pleine rébellion Kanak depuis 2 ans, laquelle a déjà fait plusieurs dizaines de morts et des centaines d’emprisonnés (surtout côté indépendantiste), le Forum des Iles du Pacifique, soutenu par les Pays non alignés, demande à l’ONU de signifier à la France que la Calédonie est bien un territoire à décoloniser. 86 pays voteront la résolution, dont l’Australie, Fidji, l’Indonésie, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie N-G., les Samoa, les Salomon, le Vanuatu : tous ses voisins ; mais aussi des grandes puissances : l’URSS, l’Inde, la Chine.
    Seuls 24 pays votent contre la proposition de l’ONU, dont la France et ses ‘dépendances’ : Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Maroc, Sénégal, Togo, Zaïre...

        6) La résolution 15/115 du 10/12/2020.

    Elle rappelle à la France qu’elle s’est engagée à « un processus d’autodétermination équitable, crédible, démocratique et transparent ». A voir si ces 4 adjectifs sont vraiment ... qualificatifs pour le 12/12/2021.
    En avertissement, l’ONU rappelle au passage qu’en l’absence de toute décision contraire de sa part, la puissance administrante doit continuer à la tenir informée de la situation de la Calédonie.


    LIRE SECONDE PARTIE : 
    B) La France et les « loyalistes » : duplicités anti-indépendantistes

  • LA FRANCE EN NC : EVITER L'INDEPENDANCE, QUOI QU'IL EN COÛTE ? -Partie B-

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    B) La France et les « loyalistes » : duplicités anti-indépendantistes.

    Si collusion et duplicité sont pour nous avérés, la critique de schizophrénie peut paraître plus choquante. Et pourtant la France, voire la droite locale, a toujours eu beaucoup de mal à percevoir la réalité de la pensée Kanak et indépendantiste, et garde toujours en 2021 un rapport problématique avec la réalité du terrain.

    Christian Blanc, dans son ouvrage « La Force des Racines Kanak », revient à plusieurs reprises sur ce manque de compréhension, qu’il attribue en partie au noyautage des renseignements généraux locaux par l’extrême droite, mais aussi à la difficulté d’avoir des contacts fiables en milieu Kanak.

    L’essentiel des interlocuteurs privilégiés de l’État, influenceurs de fait, sont non Kanak et anti-indépendance. Leurs liens avec les autochtones sont superficiels et ils ne peuvent donner à la France que des clés faussées par leur incompréhension et leur volonté d’influer en leur faveur.

    1) Depuis l’après guerre

    il y eut d’abord les bas calculs des années 50 pour éviter de donner un droit de vote encombrant à tous les Kanak, via des droits aux seuls chefs, puis à l’élite, puis via des corps électoraux séparés.

    Il y eut ensuite l’autonomie acceptée en 1958, écrasant un communisme naissant et écartant à la fois l’indépendance et les critiques onusiennes, puis rapidement confisquée dès 1963 : les Kanak redevenaient majoritaires (dans l'électorat dès 1956 -cf p535) et le Nickel devenait "stratégique". .

    Il y eut surtout une politique d'immigration massive dès les années 1950, et prolongée de façon plus notoire à partir de 1972.

    Les étapes « modernes » gérées par la France sont tout aussi chaotiques.

    2) La Table Ronde de Nainville-les-Roches, 1983

    Elle est organisée par le premier gouvernement français de Gauche, dans un contexte de colonie de peuplement avérée, de reniement en cours des promesses (vagues) de Mitterrand sur l’indépendance, de création récente d’un « Front Indépendantiste » et de revendications de terres « sans condition ». La France espère un accord qui fasse oublier le statut Dijou. Elle reconnaît aux Kanak « un droit inné et actif à l’indépendance », et reçoit en retour la reconnaissance que les Allochtones installés durablement par l’Histoire auront toute leur place dans l’indépendance.

    L’État français jubile, mais voit le premier terme comme un simple principe humaniste de l’imaginaire socialiste, dont l’expression permet le passage du désir concret au simple rêve doctrinaire. Et surtout il ne voit pas le lien avec le second terme : l’accueil cordial des ‘immigrés’ n’est possible qu’à la condition de l’indépendance.

    Le RPCR, lui, note le second terme mais refuse le premier et ne signe pas l’accord.

    La FNSC (Centre) comprend et signe, mais avec le même but que l’État : désamorcer la revendication. Au final, ce refus et un corps électoral inique qui le materialisait, conduiront à la révolte de 1984.

    3) Les Accords Matignon, 1988

    Il est notable -et trop peu noté- que les révoltes 1984/88 (ce ne sont pas des "évènements") ont fortement contribué à casser plusieurs clichés répandus et à la limite du racisme :
    - Le discours dominant donnait les indépendantistes comme une poignée d’agitateurs terrorisant les Kanak et sans base réelle. En 1984, c’est la stupeur le 18 novembre devant l’ampleur de l’insurrection : c’est un peuple qui se lève. Et les RG ne l’avaient pas vue venir.

    - Autre cliché, les kanak sont timides et peureux. En 1988, c’est de nouveau la stupeur à Ouvéa : alors que depuis 4 ans, les leaders de droite pointaient le laxisme socialiste comme responsable principal d’une rébellion qu’ils faciliteraient ainsi, la détermination des jeunes Kanak face à l’armée française ébranle définitivement ces certitudes. La peur change de camp, définitivement.

    Les Accords Matignon sont un soulagement pour tous, après 4 années de stress insurrectionnel extrême pendant lesquelles a été tenté sans conviction puis abandonné par Mitterrand un projet d’indépendance-association (1985/86), avec un corps électoral qui ne l’aurait pas permis.
    Entre-temps, Pisani a fait assassiner Eloi Machoro (tout en jurant qu’il n’y était pour rien), comme l’admet enfin C . Blanc son second d’alors qui avait transmis l’ordre (cf Ouvrage pré-cité).

    Mais là encore, l’idée est à la procrastination, contraire aux préceptes de l’ONU : le pays n’est pas prêt à l’indépendance, un « rééquilibrage » éducatif, politique, économique et social la remplace.

    Michel Rocard est porté aux nues par beaucoup, ce qui se comprend après les années de cendre de B. Pons. Mais l’on oublie trop vite sa duplicité : il voulait ainsi désamorcer l’indépendance, pas la préparer, et l’a d’ailleurs dit en périphrases à plusieurs reprises.

    Les indépendantistes font la grimace : ils avaient mandaté J-M. Tjibaou à Paris pour un calendrier d’accès, mais Mitterrand tient lui aussi à une certaine 'grandeur' de la France (il envisagera même la création d’une base pour sous-marins nucléaires à Nouméa !). Ce sera donc 10 ans de 'remise à niveau' avant un 'examen' référendaire en 1998. J-M. Tjibaou y laissera sa vie…

    4) L’Accord de Nouméa (ADN), 1998

    A nouveau, cet accord souligne une nouvelle procrastination : vous n’êtes toujours pas prêts, alors acceptez de renoncer au référendum d’autodétermination pourtant constitutionnellement prévu en 1998, et donc ainsi reporté de 20 ans - au moins.

    Mais les indépendantistes s'inclinent devant la demande pressante de la France et du RPCR :

    - D’une part les dirigeants réalisent que Rocard leur a menti : il avait calculé pour eux que l’évolution démographique leur serait favorable, ce n’est clairement pas assez le cas pour gagner.

    - Et puis, syndrome de Stockholm ? Ils conçoivent en majorité que, contrairement à ce qu’écrit l’ONU, l’impréparation peut en l'espèce justifier de différer à nouveau l’indépendance, pourvu qu'elle soit avérée in fine. Ce que l'on va faire miroiter.

    - Car aussi la musique de cet accord est radicalement différente : il ne prépare pas à améliorer les conditions de vie comme le précédent, il prévoit l’accès progressif et ensemble à l’exercice de compétences nouvelles, et la pleine souveraineté est prévue au bout, avec trois votes successifs finaux pour l’entériner, en cas d’hésitation du corps électoral, et deux ans possibles entre chacun pour faire de la pédagogie et convaincre.

    Mais voilà, 23 ans plus tard, du fait d’une désinformation forcenée (voir partie C), le compte n’y est pas. Beaucoup ignorent même les points clé du texte de l’ADN, pourtant plutôt court (8 pages). Voici des éléments de sa quintessence politique, la plupart battus en brèche, et qui démontrent clairement la promesse signée et non tenue, voire combattue :

    - « poser les bases d'une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d'origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine ».

    - « un partage de souveraineté avec la France, sur la voie de la pleine souveraineté (…) La France est prête à accompagner la Nouvelle-Calédonie dans cette voie ».

    - La « reconnaissance de sa souveraineté [du peuple Kanak -ndlr], préalable à la fondation d'une nouvelle souveraineté, partagée dans un destin commun ».

    - « une solution négociée, de nature consensuelle, pour laquelle ils appelleront ensemble les habitants de Nouvelle-Calédonie à se prononcer (…) Cette solution définit (...) les modalités de son émancipation ».

    - « Les institutions de la Nouvelle-Calédonie traduiront la nouvelle étape vers la souveraineté ».

    - [les compétences régaliennes -ndlr] « resteront de la compétence de l’État jusqu'à la nouvelle organisation politique résultant de la consultation des populations intéressées ».

    - « des Néo-Calédoniens seront formés et associés à l'exercice de responsabilités dans ces domaines [régaliens, ndlr], dans un souci de rééquilibrage et de préparation de cette nouvelle étape ».

    Et la phrase clé de l'édifice (dont l'apposition 'à la fin de cette période' est elle même à souligner) : 
    - « L’État reconnaît la vocation de la Nouvelle-Calédonie à bénéficier, à la fin de cette période, d'une complète émancipation ».

    L'ADN est maintenant en passe de voir son "testament" balayé par le pouvoir pour poursuivre ses desseins. 
    La collusion Etat / Loyalistes dans la duplicité anti-indépendance dispose de moyens puissants et pour la plupart injustes.
    C'est ce que nous verrons dans la prochaine partie.

    LIRE TROISIEME PARTIE (SUR 4) : 

    C) Le pays serait déjà souverain, si les dés n’étaient pas pipés

  • LA FRANCE EN NC : EVITER L'INDEPENDANCE, QUOI QU'IL EN COÛTE ? -Partie C-

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    C) Le pays serait déjà souverain, si les dés n’étaient pas pipés.

    J. F. Kennedy disait : « Ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable ». L’ONU ne dit pas autre chose : après avoir reconnu « le désir passionné de liberté de tous les peuples dépendants », elle déclare que le colonialisme « compromet la cause de la Paix » (Résolution 1514).

    Les textes de l’ONU et de l’ADN sont clairs, et une décolonisation vers une indépendance amicale avec la France a longtemps été espérée, en cohérence avec ces textes, l’intérêt commun, et la volonté légitime et légale des autochtones (et d’autres) de recouvrer leur libre arbitre.

    Mais une bonne part des allochtones, rendus nombreux par l’immigration voulue, influencés par certains intérêts ‘supérieurs’, mais aussi pour certains par un niveau de vie plus élevé que ce qu’ils auraient en métropole, suivent leurs leaders et ceux de l’État français pour une Calédonie française.

    Et ils détiennent, contre toute équité, la plupart des rouages pour y parvenir. Etat des lieux :

    1) Les deux députés

    Jusqu’en 1977 il y avait deux circonscriptions (Est et Ouest) permettant à un indépendantiste et un « loyaliste » de représenter le pays, ce qui est équilibré : J. Lafleur d’un côté, R. Pidjot de l’autre.

    En 1986, la droite redécoupe bizarrement le pays, et enlève le scrutin proportionnel au profit du majoritaire : depuis lors, les 2 députés sont à droite, bien que les indépendantistes progressent. Lafleur et Nénou en 1988, Gomes et Dunoyer actuellement.
    Comme de plus le corps électoral général s'applique et non le citoyen, le verrouillage est renforcé.

    Les moyens des députés sont considérables : ils sont seuls à donner leur avis à l’assemblée, seuls à poser des questions dont les clips s'insèrent régulièrement aux JT de nos chaînes TV. Leurs courriers arrivent dans tous les foyers, ils ont un accès privilégié sur nos antennes, un secrétariat conséquent, des déplacements et logements gratuits, etc.

    Philippe Gomes, par exemple, a abondamment utilisé sa qualité et son titre de député pour 'booster' la distribution de son opuscule « Pour que continue à vivre le rêve calédonien » (sic), paru juste avant le 1er référendum en 2018 : outre sa qualité de député notée en couverture, la présentation a été faite en avant première sur la chaîne TV du Sénat français, puis à l’assemblée, et ensuite distribué gratuitement à la population.

    2) Les deux sénateurs

    Il n’y en avait qu’un (anti-indépendance, M. Loueckhote) jusqu’en 2011. Un second est alors ajouté, au scrutin majoritaire indirect (via des élus : les 2 députés + les 76 élus provinciaux + 446 des élus municipaux).
    Ils sont issus du corps électoral général et non citoyen ; tous deux sont donc anti-indépéndantistes depuis lors : P. Frogier et G. Poadja.

    Le cas de M. Frogier est à souligner : signataire de l’ADN, il en est l’un des pourfendeurs les plus acharnés, avec un sens éthique problématique. En 2010 pour s’opposer à la création d’un drapeau commun du pays (prévu par l’ADN mais il le niera sur NC1ère contre toute évidence), il obtient que le drapeau de Kanaky soit à côté de celui de la France. Toujours sur la chaîne d’État -très complaisante car le laissant dire-, il niera farouchement que ledit ADN vise une décolonisation, allant jusqu’à nier que la notion soit dans l’ADN, alors que le terme même y est écrit ! Plus récemment, il prône une différenciation des compétences entre les provinces qui frôle la partition, interdite par l’ADN. Il propose aussi la suppression du gouvernement et du congrès du pays, également interdits par l’ADN. Son rôle dans le reniement de l’accord est donc éminent, et ce du fait d’un poste obtenu grâce à la France et dont nous avons vu que la légitimité est problématique.

    3) L’audiovisuel d’Etat : NC 1ère  (TV et Radio)

    Pour mémoire, le Conseil National de la Résistance, regroupant toutes les forces politiques durant la guerre, des Gaullistes aux Communistes, avait dès 1944 déclaré son unité et proposé un vaste programme (« Les jours heureux ») exigeant entre autres pour les médias « indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ».
    On en est loin, en France comme ici d’ailleurs.

    Le CSA, Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et déclaré être son ‘gendarme’, « assure le respect du pluralisme politique ». On le suppose donc indépendant. Sur 7 membres, 3 sont désignés par le président de l’assemblée nationale (LREM), 3 par le président du Sénat (LR) ; et son président, M. Maistre, né en 1955 au Maroc, est désigné par … le Président de la République. CQFD.

    Dans ce contexte, nous soutenons que NC1ère a une approche inéquitable des faits politiques de notre pays. Un minimum de déontologie équilibrerait les émissions politiques en proportion des forces avérées par les votes, soit près de 50 % pour le Oui comme pour le Non. Ce n’est clairement pas le cas. A défaut d’une enquête honnête par un organisme indépendant qui, compte tenu des enjeux, aurait dû se faire depuis longtemps, citons quelques exemples éloquents :

    En 2018 déjà -première consultation.

    - L’émission à épisodes « les chemins de l’histoire » refait alors vivre 'opportunément' l’histoire des douloureux événements de 1984/88. Les faits sont déformés, leur vision est biaisée, le ton très empathique du commentateur va sans retenue à un seul camp : les non indépendantistes. Extraits 1  2  3  4  5  ...

    - L’émission à épisodes « En commune » dure aussi des semaines. Des discussions à bâton rompu interrogent des jeunes, auquels est posée la question de leur option Oui/Non à l’indépendance : et l’on voit des communes à majorité indépendantiste sans aucun protagoniste qui dit être pour le Oui, d’autres où l’un ose à peine l’esquisser, d’autres où la majorité dit « non ». L’inverse n’est bien sûr pas vrai, et les temps d’argumentation sont plus longs pour les tenants du Non. Clairement.

    - Les micro-trottoirs sont biaisés. Exemple de celui réalisé dès que les termes de la question qui sera posée est arrêtée, officiellement pour savoir si les gens la comprennent : le micro laisse pourtant volontiers dériver vers un avis Non ou Oui, et les sélectionnés du Non sont largement majoritaire et plus longuement argumentés.

    - Des personnalités politiques sont interviewées ? Les questions ne sont pas du tout du même type selon l’allégeance. Exemple l’interview de Mme Héo, élue indépendantiste, violemment attaquée à chaque question, quand M. Gomes est, lui, gentiment accompagné, parfois devancé ; sans compter le traitement global de l'information ! Exemple.

    Nous retrouvons ces biais hélas en 2020 depuis plusieurs mois de façon tout aussi flagrante.

    - Le document unilatéral de l’État ‘Conséquences du ‘Oui’ et du ‘Non’ », que les indépendantistes déclarent irrecevable car très militant pour le Non, est restitué à l’identique par thème sur des semaines, sans que soit même mentionnées les opinions adverses, les erreurs ou omissions ! (Voir notre étude critique dudit document)

    - L’émission « dans ma commune » reprend les travers de « en commune » en 2018 en privilégiant les interviews contre le Oui : le constater est rapide car le téléspectateur peut rapidement compter les interventions pour le Non et celles pour le Oui, puis les comparer avec le tableau affiché des résultats Oui et Non de la commune !

    - Au JT, les séquences d’abord intitulées imprudemment « journal de campagne » puis rectifiées « Journal du référendum » (terme d’ailleurs erroné) assènent encore leurs contrevérités unilatérales :

    Il y a « L’histoire du pays » qui reprend le discours très biaisé des « chemins de l’histoire » de 2018, tous les jeudis au JT sur 8 semaines, avec le même animateur, les mêmes travers : très Euro-centré, marginalisant l’histoire Kanak avec une certaine condescendance, parfois indignation.

    Il y a « Bon à savoir » caricature simplifiée du document de l’État, le présentant à nouveau, en clips rapides et réducteurs, toujours sans aucune analyse ou esprit critique : NC1ere se fait JT d’État partisan, sur la nationalité, la monnaie, les transferts financiers, etc. Un militantisme pur et dur. Avec des erreurs, des oublis, des approximations, des clichets simplistes...

    4) L’unique quotidien, « Les Nouvelles Calédoniennes ».

    Ex-titre du groupe Hersant / Tapie, il est opportunément racheté en 2013 (le 1er référendum pouvait être déclenché à partir de 2014) par trois grandes familles locales richissimes et de droite : Lavoix, membre fondateur du RPCR, Jeandot (Import automobiles), et Montagnat (Mines). Dans le panier étaient aussi une radio (NRJ), deux imprimeries (IRN et Pacific Print), et un hebdo (Paru Vendu).

    Le lien fort avec les annonceurs, source de revenus clé, empêche toute création d’un second quotidien dans ce marché restreint, bien qu’ils furent longtemps deux, avec « la France Australe » (sic).

    La moitié des journalistes claquent alors la porte. Un rédacteur en chef de choc est nommé, O. Poisson, 18 ans à Nice-Matin, une référence de la droite dure ; Nice est d’ailleurs jumelée à Nouméa.

    L’équipe rédactionnelle est alors complétée de jeunes métropolitains, bafouant ainsi l’emploi local ; et l’on peine à y trouver quelque océanien ou Kanak, voire caldoche, à part … aux rotatives.

    La puissance est considérable : il passe de main en main dans les familles et les entreprises voire salles d’attente ; il a des affiches devant chaque lieu de vente, stations, magasins, tabacs. Son site laisse transpirer dans nos boites email des articles opportunément choisis en accès libre.

    5) Les Radios privées

    RRB, « Radio Rythme Bleu », créée par le RPR local, est la radio quasi officielle des anti indépendance. Il y a un pendant indépendantiste, Radio Djiido. Chacune vit difficilement, mais les aides vont davantage à RRB, qui peut ainsi payer des droits d’émission lui permettant d’être présente partout, notamment sur route en ‘Brousse’ et dans bien des tribus éloignées, là ou Djiido peine à être audible.

    6) Les pressions de l’État et des anti-indépendance : coups bas et duplicité.

    - Problèmes sur la Loi Organique (L.O.). Celle-ci précise les modalités d’application de l’Accord constitutionnalisé dit ADN. Elle est votée en termes identiques par l’assemblée nationale et le Sénat. Or, à plusieurs reprises, le législateur a tenté des transgressions :
       L’ADN prévoit trois consultations possibles, le législateur, via la LO, a tenté de les réduire à deux ; le conseil constitutionnel a fini par censurer, la manœuvre étant trop visible, 2 n’est pas 3.

       L’ADN prévoit qu’au cours du 2nd et 3ème mandat du Congrès, « les compétences suivantes seront transférées (…) » ; traduction du législateur via la LO : « Le congrès peut, à partir du début de son mandat commençant en 2009, adopter une résolution tendant à ce que lui soient transférées, par une loi organique ultérieure, les compétences suivantes : (...)» ! [soulignés par lindependant-knc].

    Et là, le conseil constitutionnel a validé ! Résultat, de nombreux transferts faisant progresser le pays vers sa souveraineté ont ainsi été bloqués, la majorité anti indépendance au congrès reniant sa signature.

    - Problèmes sur l'immigration et la protection de l’emploi local
       L’État français n’a rien fait pour «  décourager ou prévenir l’afflux » de ‘colons’ , trahissant sciemment les exigences de l’ONU (Cf résolution 35/118 ci dessus), poursuivant ainsi sa pression contre l’indépendance par noyade démographique : il y a maintenant 35 000 votants ajoutés sur la liste générale dont beaucoup, poussés par les droites qui les courtisent pour les députations et pour la pression anti-indépendantiste qu’ils accentuent, s’indignent de ne pas être sur la liste spéciale référendum !

       L’État français n’a sciemment pas informé correctement ces personnes à leur arrivée qu’il était légal et légitime qu’il ne soient pas « citoyens » du pays « non autonome » administré par la France, et également légal et légitime que des restrictions à l’emploi local y soient en vigueur.

       Le résultat est une amertume, une rancune et un ressentiment … illégitime à l’encontre des indépendantistes, qui fait peser lourdement ces quelques 50 000 résidents (avec les mineurs) contre l’indépendance.

       La loi locale de protection de l’emploi a mis 12 ans (2010) à être votée, et reste largement contournée via des ‘patentés’ et par des patrons réfractaires et généralement contre l’indépendance.

    - Problèmes sur les sondages
       Comme tant d’autres chose, un sondage est présenté comme non partisan ; là encore il est permis d’en douter fortement : quelques mois avant la consultation 2018, les ‘Non’ seraient 60 % selon I-scope et 69 à 75 % pour Kantar ; et les ‘Oui’ de 14 à 22,5 %. Réel : 43,3 % de Oui, 46,6 % de Non.

       Les Médias pilonnent sur leurs chiffres, le FLNKS doit batailler contre le découragement, tracter contre une « fake news ».

       Kantar fait l’objet de plusieurs polémiques. Le fils de Mme Macron en est « Senior Vice-Président ».

       I-scope est une Sarl proche des milieux d’affaire locaux.

    Pour la consultation 2020, des sondages plus discrets ont été réalisés, aux résultats aussi peu crédibles.

    Problèmes de « coups de pouce » par modification ou interprétation de textes selon l’enjeu :
       Le code électoral interdit l’utilisation des signes nationaux pour les campagnes ; mais comme les indépendantistes brandissaient le beau drapeau Kanaky (qu’ils ont proposé comme signe du pays et qui l’est de facto sur Internet), la droite a demandé -et obtenu- une dérogation pour pouvoir utiliser les couleurs de la France, et le drapeau Bleu Blanc Rouge notamment. Pourtant, ils ne parlent pas au nom de l’État Français, prétendument neutre, ni des citoyens français, que les sondages montrent majoritairement (65 et 66%) pour notre indépendance !

       Les libellés de la question à poser aux consultations n’étaient pas écrits dans l’ADN. Un décret devait les rédiger. L’idée force à proposer était la pleine ‘souveraineté’ (terme 8 fois écrit) : mais la droite a voulu ajouter le mot ‘indépendance’, absent de l’ADN pourtant (M. Frogier exigeait même que ce soit le seul, et qu’il n’y ait pas souveraineté !). L’État a suivi. 
    Pourquoi ? L’idée d’être souverain est plaisante, l’on peut décider de tout (‘Chant du Départ’ : le peuple souverain s’avance...) ; ‘In-dépendance’ regarde vers la France qui ne serait plus là pour nous. La question posée en 2018 fut donc : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »
       Rien n’empêchait à priori une modulation de la question à la 2nde et 3ème consultation : le fait d’avoir 3 consultations possibles suggérait même la souplesse. Mais là, non, moduler serait suggérer des partenariats, que souhaitent les indépendantistes, et il fallait cliver. Il fut décidé que le libellé serait immuabl
    e.

    Le dernier avatar est celui de la transgression dans son esprit de l’article 5 de l’ADN, qui précise : « Si la réponse est à nouveau négative, une nouvelle consultation pourra être organisée selon la même procédure et dans les mêmes délais ». Or en votant le 12/12/2021, l’on passe de 23 mois entre les consultations 2018 et 2020, à 14 mois entre celle de 2020 et celle de 2021.

    Sans parler de l'esprit bafoué du préambule de l'ADN sur l'épisode en cours de la Covid, quand ce peuple est davantage secoué par davantage de deuils, qui ont davantage d'impacts, alors que pourtant l'Etat et les 'loyalistes' veulent, quoi qu'il en coûte, lui imposer de gérer sereinement une campagne référendaire et un vote essentiels pour lui, afin de profiter de cet état momentané de détresse culturelle profonde pour l'emporter. Car Oui, ils craignent la logique mathématique qui peut, après un 43.3% suivi d'un 46.7% de Oui, mener à un 'plus de 50%'. Dans des conditions normales.
    Non kanak et Etat n'ont-ils pas signé ces engagements de l'ADN de 
    « reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée », e« d'ouvrir une nouvelle étape, marquée par la pleine reconnaissance de l'identité Kanak » ?

    Ce dernier épisode choquant et en cours, sera développé dans notre dernière partie : 

    LIRE NOTRE 4ème -et DERNIÈRE PARTIE :
    D) Les Forfaitures Lecornu

  • LA FRANCE EN NC : EVITER L'INDEPENDANCE, QUOI QU'IL EN COÛTE ? -Partie D-

    Texte Intégral version .pdf (Parties A;B;C;D)

    D) Les forfaitures Lecornu.

    1) La revendication d’indépendance n’est soluble ni dans le miel ni dans le fiel.

    Les consultations 2018 et 2020 ont eu des approches et des résultats différents, qui impactent la 3ème.

    En 2018, Calédonie Ensemble, centre droit, est majoritaire chez les anti-indépendance, et prône le dialogue et la conciliation.
    Le résultat de 56,6 % de Non à l’indépendance est jugé très décevant par la droite dure, qui l’impute à une proximité de CE avec les indépendantistes, proche de la trahison !

    En 2020, la droite dure (alliée à l’extrême droite) l’a emporté aux provinciales 2019, notamment sur ce thème de trahison, et veut une campagne dure, se faisant fort de faire mieux.

    Le contraire se produit : pour une participation record et sans appel de 85,7 %, il n’y a plus que 53,3 % de Non. Soit un écart de 10 000 voix sur 155 000 votants.

    Pire, le recensement 2019 montre que l’immigration s’inverse en émigration, et qu’à la fois le nombre et la proportion de non kanak ont baissé (61 à 59,5%), une grande première depuis 1956 (voire de tous temps) !

    Les taux de Oui du « peuple colonial » (définition de l’ONU) atteignent souvent les 90 %. Le constat est difficile pour les tenants de la France, car de plus les spécialistes, constatant les réserves de voix potentielles des deux camps, pronostiquent que la poussée indépendantiste se confirmerait pour une 3ème consultation, compte tenu entre autres des abstentions restant dans les ‘squats’ et aux Îles ! Une projection mathématique du gain entre 43.3% et 46.7% donne d'ailleurs 50.41% en 2022 !

    J. Castex, 1er ministre le 6/07/2020, nomme alors M. Lecornu ministre de l’Outre-mer 3 jours plus tard. C’est le premier non ultra-marin à ce poste depuis 2009. Tous deux sont dissidents LR.

    2) L’État décide de piétiner la parole ... de l’État, dans la même mandature !

    i. Raccourcir le temps de campagne, imposer la consultation au 12/12/2021 !

    Il faut prendre de court les indépendantistes qui s’attendaient à septembre 2022, et qui travaillent efficacement sur le temps long de la discussion et des rencontres/meetings d’aires coutumières en tribus pour expliquer, débattre et faire consensus.

    Le délai inter-consultations entre la 1ère et la 2nde a été de 23 mois. Il devait être également de 23 mois en suivant la Déclaration de Conclusion officielle du comité des signataires 2019 d'E. Philippevalidée par les participants, qui excluait toute consultation sur la période électorale française, et donc visait un probable fin août / septembre 2022.

    C’était équitable, et l’ADN permet une période plus longue encore. Mais non. Consultation fixée au 12/12/21, ce sera 14 mois.

    L’annonce est de plus (volontairement ?) tardive, par un décret du 30 juin 2021, soit 9 mois après la 2nde consultation, et 5 mois avant la 3ème, et balaie donc la parole antérieure de la France.

    Les réunions annuelles 2020 et 2021 du ‘Comité des Signataires’ de l’ADN, n’ont pas été convoquées. Elles suivaient le processus depuis 20 ans, et contribuaient -dangereusement ?- à trouver des consensus, ou des décisions partagées.

    Pour asseoir cette date oukase, M. Lecornu a orchestré avec la droite une campagne ‘expliquant’ qu’il faut en finir vite, que les calédoniens sont fatigués ; omettant qu’en fait, une moitié d’entre eux est surtout pleine d’espoir d’une indépendance, enfin, et de vie commune ainsi réconciliée.

    La droite argue hypocritement que les indépendantistes se sont précipités pour déclencher la 3ème consultation, pour ensuite se plaindre d’une date rapprochée. Ils ont en effet remis au Haut Commissaire, le 8 avril 2021, la lettre de demande requise d’au moins 1/3 des membres du congrès. Soit au tout début du droit réglementaire de le faire, 6 mois après la dernière consultation. Un symbole de leur envie d’y aller. Mais c’était dans la perspective prévue d’un vote en septembre 2022, et pour justement qu’en anticipant, le temps de préparation soit plus long.

    ii. Imposer une transition ensuite courte, pour créer l'inquiétude d'une indépendance dure, précipitée !

    M. Lecornu annonce, unilatéralement, une période de 18 mois pour basculer dans l’indépendance si le Oui l’emporte (et le même délai pour trouver un nouveau statut dit « de projet » en cas de Non). De plus, sur ces 18 mois il y a 6 mois ou rien ne pourra se passer, du fait de la présidentielle puis des législatives. Pire : les interlocuteurs étatiques changeront presque nécessairement au cours des 18 mois.

    Là encore, exit la promesse écrite de M. E. Philippe, dans son document officiel d’octobre 2018 nommé « Les implications de la consultation du 4 novembre 2018 » : « Les autorités de la France et celles de la Nouvelle-Calédonie se mettront d’accord pour fixer un calendrier et les modalités du transfert des compétences de la France au nouvel Etat », et « A une date qui sera choisie de concert, une loi française marquera en droit interne la fin de l’appartenance de la Nouvelle-Calédonie à l’ensemble français,... » !

    iii. Ne plus s’encombrer de la neutralité promise, passer à l’offensive !

         a) Par une première tactique « douce » (bien tardive, et qui échoue).

     M. Lecornu répond à la réflexion de M. Macron, révélée par le Canard Enchaîné, à la lecture des résultats du scrutin : « si on veut garder ce territoire dans la République, ce qui est hautement souhaitable, il faut partiellement, progressivement et réellement le décoloniser ».
    Il faut mesurer tout le cynisme glaçant de la phrase, et du terme ‘partiellement’.

    L’État a prêté, en 2020, 28,5 Milliards FCFP au pays pour les frais ‘Covid’, sous conditions de réformes diverses dont certaines impliquent des impôts nouveaux, et destinées à réduire les inégalités, terreau pense-t-il de l'indépendance !
    Mais T. Santa, président LR du gouvernement local, prendra les sous et ne tiendra pas compte de ces conditions contractuelles : celles ci avaient de bons côtés pour le pays, mais pas pour ses mentors, et étaient probablement illégales, la Calédonie étant compétente en matière économique.
    Aujourd’hui marginalisé avec son parti, il espère l’avènement de sa droite en France : ‘Les Républicains Calédoniens’ de Mme Backès et ‘C.E’ de M. Gomes seraient, eux, selon nos informations, pressentis pour la députation calédonienne LREM 2022 par M. Lecornu.

          b) Par une seconde tactique, faire peur : noircir les implications du Oui (et positiver le Non)

    En 2018 l’État avait suivi la droite locale en refusant de préparer avec les indépendantistes ce qui était réclamé par l’ONU, un document concerté expliquant l’accompagnement possible des débuts de l’indépendance en cas de Oui : trop risqué, ça pourrait rassurer.

    Il n’avait donc produit qu’un résumé de 3 pages, relativement neutre et ouvert sur une coopération au développement, le passeport français, etc.
    E. Philippe avait de plus promis dans sa déclaration au Comité des Signataires 2019, que « Nous allons organiser des réunions de travail collectives pour affiner ces informations et permettre le meilleur éclairage pour les électeurs au moment de la deuxième consultation ». M. Lecornu n’en fera rien ; forfaiture à nouveau.

    Il a en juin 2021 un éclair de génie : faire préparer par ses services, seuls et en quelques semaines, un document technique de 104 pages, long listing thématique de ce qu’emmènerait la France dans un divorce non amiable ; et à chaque thème ressasser la question défiante : comment ferez vous alors ?

    Avant même la publication du document, il le présente comme celui demandé par l’ONU et par les indépendantistes, et convoque à Paris pour en discuter quelques leaders, qui viennent de le recevoir sur papier et en privé ! Ceux-ci demandent un délai pour en prendre connaissance, mais c’est non.

    Le FLNKS rejette la manœuvre. L’UC accepte pourtant le défi et y va, l’UNI refuse le piège et reste.

    La droite et les grands médias locaux, d’État comme privés (NC 1ère et le quotidien unique Les Nouvelles Calédoniennes, tous deux contre l’indépendance), s’en donnent alors à coeur joie : ils ont enfin du grain à moudre officiel contre l’indépendance.
    Ils égrènent alors servilement aux calédoniens, bien sûr unilatéralement, les thèmes du document, ce que l’on perdrait donc, au fil des semaines et des mois -parole d’État, parole d’évangile-.
    Ils se gardent d’en faire une analyse honnête, répercutent jusqu’aux erreurs factuelles, oublient les omissions, ne parlons pas d’esquisser quelque avantage à l’indépendance, ou au moins de demander l’avis d'indépendantistes, ou de comparer avec leurs projets de société !

    3) Le Covid s’implante, l’État -et ses alliés- cèdent à la tentation d’en profiter.

    i.Le passif sanitaire de la France, argumenté contre l’indépendance !

    La bataille des Calédoniens et notamment des coutumiers pour le Covid-free avait anticipé et combattu les atermoiements dangereux de la France, qui avaient coulé les Antilles notamment, dès janvier 2020.

    Mais déjà en mars 2020 nous avions eu un confinement, suite aux errements d’un fonctionnaire d’État rentré de France avec le Covid et n’ayant pas suivi sa quatorzaine, au vu et su probable de ses chefs : résultat, 3 semaines de confinement par précaution !
    Et en mars 2021, un autre fonctionnaire d’État à Wallis & Futuna transgressait encore les règles d’arrivée sans réaction de sa hiérarchie, y provoquait des morts, et 5 semaines de confinement en Calédonie, qui était en hub Covid-free avec eux !

    L’ensemble eut des conséquences financières lourdes, et provoqua la demande de prêt citée plus haut à l’autorité de tutelle -en l’absence de banque du pays indépendant-, ce dont l’État et la droite locale se sont prévalus avec aplomb pour souligner l’importance du colonisateur ! Ils iront jusqu’à arguer que sans la France nous n’aurions pas de vaccin, alors que celui-ci coûte moins que le prix d’une consultation médicale de base, soit 2500F.

    La part de responsabilité de la France est grande, et une autre vision, plus positive sans elle, serait à méditer.

    Le 3/09/2021, le pays est encore Covid-free, mais le nouveau gouvernement à présidence indépendantiste (une grande première depuis 1982-84 !) réussit le tour de force prémonitoire de faire voter l’obligation vaccinale par le congrès à l’unanimité.

    C’est qu’en fait, une fois de plus, la France et ses lois jouent avec nous un jeu dangereux : les arrivants extérieurs, autorisés sur des ‘motifs impérieux’ (que notre compétence sanitaire locale nous a permis d’édicter), contestent pour certains leur septaine en justice (compétence d’État), gagnent parfois et en sortent ! L’État argue que, faute d’obligation vaccinale locale, il ne peut empêcher cela. D’où la délibération. Qui de fait arrive trop tard hélas.

    ii.L’arrivée du Covid, une opportunité inattendue pour certains ?

    Le 6/09/2021, le pays se confine, avec cette fois-ci de nombreux cas de Covid, d’un coup dans tout le pays, chose non encore expliquée, voire non recherchée ! (enquêtes d’ailleurs non abouties pour les 2 alertes précédentes, malgré les promesses de l’État via un Haussaire solennel).

    En trois mois, nous avons eu quelques 270 décès Covid (l’équivalent de 67 000 morts en France dans ce seul laps de temps !), très majoritairement Kanak et Polynésiens, ethnies touchées à environ 50 % de plus que les autres, du fait de comorbidités associées souvent à la pauvreté et au mode de vie, et sans doute aussi à une vie plus communautaire donc plus contaminante.

    L’impact est de plus clairement démultiplié pour ces communautés, où un deuil touche un cercle de clans et familles beaucoup plus large, et avec des rites beaucoup plus pregnants, que chez les européens. Certains défunts sont d’ailleurs longtemps restés dans des chambres froides ou enterrés provisoirement dans des housses, en attendant de vraies cérémonies coutumières.

    Le 13/10, l’UC écrit au ministre : le vote rapproché au 12/12/2021 était déjà une difficile concession qui entraînait une campagne très raccourcie. De facto, celle-ci est arrêtée depuis le 6/09. L’UC demande le report. Car la campagne ne pourra éventuellement reprendre qu’en ersatz caricatural ; car aussi il faut respecter les citoyens et l’importance trentenaire (voire centenaire !) de l’enjeu et donc d’une vraie campagne ; car encore la crédibilité d’un scrutin avec un fort taux d’abstention prévisible est en jeu.
    L’ONU n’a t-elle pas rappelé à la France (résol. 75/115 du 10/12/2020) que la « Puissance administrante s’est engagée à (…) un processus d’autodétermination équitable, crédible, démocratique et transparent » ? Quatre adjectifs en balance ...

    Le même jour, le ministre reçoit les groupes politiques. Il est à l’unisson des anti-indépendantistes : qu’importe la campagne, les deuils en cours, le confinement ; si la situation sanitaire le jour J du vote le permet, il faudra y aller. Ces paramètres sanitaires seront donc les seuls arbitres, sauf surprise.

    Le 16/10, les médias annoncent l’arrivée de renforts sécuritaires ahurissants : 2 000 (deux mille) gendarmes et militaires ! C’est l’équivalent de 500 000 pour la France, qui en avait mobilisé 50 000 à la présidentielle 2017 sous un plan Vigipirate exceptionnel !
    Quelques semaines plus tard, la Guadeloupe (400 000 hab) insurgée en recevait … 200 !

    Arrivent également ici 130 véhicules de gendarmerie, dont 30 blindés VBRG, et deux hélicoptères ‘Puma’ notamment !

    Selon nos sources, des juges supplémentaires ont déjà été avertis qu’ils devraient rester après le scrutin, pour parer à l’éventualité d’un pic de ‘comparutions immédiates’.

    Le pays est calme à ce jour, et aucun mot d’ordre de violence n’est en vue, les partis indépendantistes multipliant d'ailleurs les appels au calme.

    iii.Le retrait indépendantiste d’un jeu faussé.

    Le 28/10, jour de clôture de la remise des documents de campagne, le FLNKS communique qu’il ne les a pas déposés, confirmant ainsi concrètement son retrait du processus.

    Le 9/11, les indépendantistes créent un "Comité Stratégique Indépendantiste de non-participation" (CSI-NP), et déclarent, tous réunis (Partis du FLNKS et la quasi totalité des autres mouvements indépendantistes) refuser définitivement la date du 12/12 qui obligerait à une campagne biaisée, inéquitable et irrespectueuse.

    Le 12/11, après un long silence de réflexion intriguant, M. Lecornu proclame officiellement le maintien de la date.

    Nous sommes alors à 30 jours du vote ! Rempart du droit, il déclare sur divers médias qu’en démocratie les élections se tiennent à l’heure et que seul un virus « hors contrôle » pourrait le remettre en cause !
    Les calédoniens se souviennent pourtant que l’année précédente, l’État avait reporté nos municipales de 4 mois, alors même que nous étions Covid-free, et contre l’avis des deux associations de maires regroupant les 33 communes du pays !

    Fin novembre, le parti ‘Eveil Océanien’ (polynésiens originaires de Wallis & Futuna), majoritairement anti-indépendantiste, très touché par le Covid à l’image des Kanak, déclare que « techniquement, il n'est pas possible de faire campagne en trois semaines et dans le contexte sanitaire actuel » et « estime que le résultat, vu la situation, ne devrait pas être pris en compte pour pouvoir discuter de l'après » !

    Donc, oui, il est vrai que les indépendantistes, en deuil sévère et en impossibilité de faire leur campagne de terrain du fait des restrictions sanitaires, pilonnés de plus par le pouvoir et les médias sans possibilité de répondre suffisamment, sont largement désavantagés par rapport à leurs adversaires.
    Il est bon de rappeler que l’ADN soulignait que « la pleine reconnaissance de l’identité kanak » constitue le « préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie ». Retour à la case 1998 ?!

    Tout cela ira certainement à l’ONU, mais est d'ores et déjà gravé dans les esprits pour l'avenir.

    L’effort en cours qui avait permis aux indépendantistes de passer de 43,3 % à 46,7 % de Oui, malgré l’univers très hostile (cf partie C de ce document), et leur faisait espérer une courte victoire en 2022 n’est plus qu’une chimère avec un vote le 12/12.
    Les adversaires le savent pertinemment, et il est très probable qu’ils veuillent honteusement en profiter.

    En métropole c’est, depuis la fin novembre, enfin le tollé dans divers médias, et par divers groupes, tribunes et pétitions dans Le Monde, Libération, Médiapart, etc. Le parti de Gauche prend position pour le report ; les extrême-gauches se mobilisent. La LDH France penche aussi, mais la LDH-NC tétanisée la retient.

    Les politiciens de droite, en pleine compétition d’investiture, multiplient les petites phrases pour la Calédonie Française, rempart contre la Chine (qui est à 8 000 km) et fierté géo-stratégique de la France. Le point commun à ceux-là, contrairement aux articles pour le report : ils ne mentionnent quasiment jamais les populations du pays, comme si nous n’étions pour eux qu’un porte-avions dans le Pacifique Sud, avec juste un drapeau français planté dessus.

    Dans la France des droits de l’Homme, la fierté d'avoir un empire quoi qu’il en coûte, même sous la botte et contre un peuple autochtone, contre l'ONU et contre l'ADN, a encore de beaux jours devant elle.

    iv.Les calculs de l’État

    La tactique anti-indépendance du 12/12 était au départ, après le 46,7 % de 2020, une prise de risque calculée de M. Macron, qui voudrait laisser dans l’Histoire et surtout avant la présidentielle, l’image du président qui a arrimé la Calédonie à la France.

    Car avec le 12/12/2021, le scénario d’un 3ème Non devenait plus probable -sans être certain-, et devait lui donner un satisfecit source de voix à droite. Et source de députés : la possibilité d’une éventuelle cohabitation a aussi contribué à la complicité macronienne avec deux des trois droites locales, pour s’assurer deux élus.

    Avec ce 12/12, un Oui, problématique mais moins probable, aurait été aussi plus difficile à lui reprocher. Le risque était un boycott des indépendantistes, mais ceux-ci, poussés par une base qui voulait aller voter, s’étaient inclinés, avant l'arrivée du Covid.

    Un Covid qui a rebattu les cartes : le Non majoritaire devenait quasi certain, car le milieu Océanien et surtout Kanak était complètement déstabilisé. Mais le boycott redevenait possible en cas de maintien de la date.
    Quand il s’est avéré certain, le choix macronien a été difficile car le risque de rupture violente augmentait, problématique pour le pouvoir. L
    e temps écoulé avant la décision finale l’atteste … avec la masse de militaires mobilisés.

    La priorité étant à la fermeté en ces temps ou l’électeur de droite est le plus convoité, la tactique Chirac de 1988 a encore prévalu ! Espérons que la conclusion soit plus heureuse, pour nous du moins.

    Ce sera sans doute une victoire à la Pyrrhus, mais les effets délétères s’en feront sentir, avec un peu de chance et beaucoup de gendarmes, après les élections, lorsque viendra le temps de la préparation du futur statut.
    Après donc la ré-election de M. Macron, ou sinon l’élection d’un nouveau tenant anti-indépendance
    de l’extrême droite ou de la droite. Ou d'un nouveau De Gaulle qui comprendrait qu'il n'est d'autre issue que l'indépendance ... en partenariat cette fois ?

    En attendant, ce 12/12/21 mémorable, les indépendantistes ont fait magnifiquement bloc, rendant les chiffres des résultats si paradoxaux et tranchés qu'il est clair que la préparation d'un avenir sans l'indépendance sur la table ne serait pas viable : 
    Tableau graphique 3 consults
    4) Quelles perspectives d’avenir ?

    L’ADN prévoit que, en cas de trois Non successifs, « les partenaires politiques se réuniront pour examiner la situation ainsi créée ». Indication concise voire sybilline que le scénario n’était guère envisagé comme possible : l'indépendance était au bout.

    Au final, pour nous, la perspective d'une indépendance avec un partenariat de bonne volonté de la France nous parait plus propice a un vivre ensemble de qualité, à une évolution digne et progressive vers une réelle prise en charge intégrale du pays par ses citoyens, en amitié avec la France.
    A l'inverse, la perspective d'élaborer un énième statut nous semble bien sombre, avec les autochtones le dos au mur pour leur survie en tant que peuple, avec les droites aux projets et intérêts si divergents, avec  des calédoniens broussards qui ne voudront pas non plus d'un genre de partition, voire d'un vote pour tous les arrivants, avec une ONU et des voisins qui protesteront vigoureusement...

    Dans ce contexte problématique, la lueur d’espoir vient du discours de politique générale du président indépendantiste du gouvernement, M. Mapou, le jeudi 25 novembre 2021, qui montre toute la puissance fédératrice de l’âme kanak, dans sa capacité à chercher inlassablement le bien de tous et le consensus. Les Mânes du gouvernement Tjibaou de 1982 à 1984 planent et guident encore l'avenir.

    Le gouvernement Mapou est censé rester en place jusqu’en 2024.

    L’ADN précise que notre organisation actuelle est pérenne tant qu’il n’y a pas d’accord nouveau.

    Pour peu que l’État ne puisse le rendre ‘Caduc’, alors à défaut d’avancer, nous ne reculerions pas.


    Charme de la nc plantu
     

     



    FIN DU DOCUMENT EN 4 PARTIES

  • COVID 19 en NC : MERCI QUI ?

    Phase I : 2020 - luttes contre le Covid … et la France !

    Janvier 2020 : nous dépendons d’un pays qui nie les évidences Covid à nos/ses dépens :
    - La France refuse de fermer les frontières : « un virus ne s’arrête pas aux frontières » (O. Véran, 23/02). Nous, on sait que les passagers contaminés, si ! Le Haut Commissaire applique donc la continuité territoriale...

    - La France n’a pas de stocks de masques, donc : « L’usage des masques est inutile » (O. V. 4/03/20).

    - La France est dangereuse : même son unique Porte Avions (Ch. De Gaulle) est contaminé, dès la fin janvier, lors d’escales. Et le 15/03, c’est le 1er décès à la Martinique d’une antillaise de retour de croisière : le début d’un long calvaire pour les Antilles alors en « continuité territoriale » !

    Février 2020 : ici, on a compris, et on résiste à la France !
    - Les coutumiers passent par-dessus les compétences régaliennes sur l’arrivée d’étrangers, et interdisent les paquebots de plaisance aux îles ! (Ils l’exigent aussi en vain sur Nouméa).

    Mars 2020 : on résiste toujours, mais la France nous donne des sueurs froides...
    - Les coutumiers demandent encore, en vain, le contrôle ou l’arrêt des arrivées avion, mais ce n’est qu’après deux alertes (1 arrivée de Chine, puis 2 'métros' de Sydney) que la colère explose, ainsi que les vitres de La Tontouta ! Les vols internationaux sont enfin bloqués le 20/03/20 ! Trop tard :

    - Le couple métro est positif : en voyage de noces en Australie, ils ont profité de la liberté de circuler laissée par l’État pour débarquer à la Tontouta le 17/03. Écoles et internats ferment le 20/03.

    Fin Mars / début Avril 2020 : quand les copains s’en-mêlent ...
    - Le Chef de Cabinet de la Province Sud revient de métropole le 11 mars 2020. Il semble avoir échappé au test d’arrivée (voire de départ ?), à la 14aine (vu en ville, à l’UNC...), donc à sa hiérarchie. Bien que malade avec symptômes, il produit un test PCR négatif le 21/03 dont l’échantillon, vérifié le 2/04, s’avérera positif, ainsi que son test contrôle. Or ce même 21/03, une calédonienne non voyageuse et non cas contact est testée positive, ce qui s’avérera ensuite faux … mais un faux positif est quasi impossible (le test peu rater des virus peu nombreux, mais pas en inventer !). Hypothèse : les résultats ont été inversés avec ceux du chef de Cabinet. Par qui ? Pourquoi ? L’enquête promise n’a pas été livrée.

    - Le pays croit donc que le virus se répand (1er cas ‘autochtone’), et c’est le confinement le 23 mars !!

    - Revenons au chef de cabinet : il aurait 39 ans, né à Bordeaux. LNC du 4/04/20 le désigne, par erreur (non rectifiée ?) comme un colonel ex-proche du Haussaire Brot. En fait plutôt un ex prof de SVT. :

        Le 20/03, soit 9 jours après son retour de « mission » et la veille de son test, Mme Backes propose de le nommer responsable du « Centre Opérationnel du Gouvernement » pour le Covid !

        Le 23/03, contaminé, il occupe le poste. Ce serait cocasse, s’il n’avait pas ensuite fréquenté tout le gratin politique : le confinement est prolongé le 2 avril ! La DASS fait un travail énorme, minutieux, isole 69 cas contact et/ou malades : on s’en sort sans dispersion locale du virus et sans mort !

    AVRIL, MAI …. la résistance continue !
    - La DASS a commandé 2 millions de masques … en Chine !! Ils arrivent fin avril.
    Parallèlement, le gouvernement a fait fabriquer 10 000 masques lavables et normés.

    - 19 avril : Philippe Germain demande l’arrêt des rapatriements, en attendant la mise au point d’un protocole sanitaire pour leur arrivée. Évident ! L’UC appuie par un communiqué. Ce sera fait.
    - 22 avril : élus indépendantistes au congrès et sénat coutumier s’inquiètent d’une arrivée de militaires le 26/04. C. Gygès, porte parole du gouvernement, dit qu’il n’en sait rien ; le Haussaire, lui, dément carrément. C’est un mensonge : NC1ère démontrera qu’il était bien prévu, et a été suspendu in extremis !

    - 23 avril : communiqué de Sonia Backès (Prov Sud) intitulé : « chacun doit rester à sa place » !! 
    Actu-NC en rajoute une couche : « Les coutumiers ont pris le pouvoir » ! Un culot infini !

      Laissons le résumé 2020 à un non indépendantiste, Philippe Michel (CE) : « le président du gouvernement et le haut-commissaire ont joué à la roulette russe » : « Dès le 31 janvier, le Sénat coutumier demandait que les liaisons aériennes internationales soient interrompues. Dès début février, les coutumiers des îles Loyauté et de l’île des Pins ont interdit les touchers de paquebots. Dès le 10 mars, la Dass recommandait la fermeture des frontières. Enfin, le 17 mars, les parlementaires de Calédonie Ensemble alertaient le gouvernement et l’Etat sur la nécessité d’interrompre les liaisons aériennes ». Et d’ajouter « il a fallu leur tordre le bras aussi pour que les nouveaux arrivants soient soumis à un confinement strict à l’hôtel et non pas à un confinement volontaire à domicile ».

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  • DOCUMENT ETAT OUI / NON : NOS COMMENTAIRES

    Suite à la publication par le Ministère des Outre-Mer du document "Les conséquences du "oui" et du "non"", et à sa diffusion égrenée complaisamment dans nos médias, notre rédaction vous propose ses analyses, arguments et réflexions.

    Voici donc, fractionné en 5 documents de 8 à 12 pages, un condensé de nos réponses, notées en vis a vis de chaque paragraphe du texte intégral du "M.O.M." (sans ses annexes). 

    Vous pourrez accéder à chaque sous partie d'un clic sur les lignes des sommaires ; ou lire le document en entier.
    Bonnes lectures.

    Partie 1 - Csq OUI - Intro + Avertiss + Csq Juridiques (8 pages)
    Partie 2 - Csq OUI - Eco et financ. (12 pages)
    Partie 3 - Csq OUI - Pol. Publ + Csq autres territ.
    (10 pages)

    Partie 4 - Csq OUI - Compét. Régal + Csq Pol + transition
    (10 pages)

    Partie 5 - 
    Csq NON - tous chapitres (12 pages)

    Doc. OUI NON + Comments lindependant-knc INTEGRAL  (45 pages)

    Accès général à la page Politique / document OUI / NON commenté

  • Associations de soutien Extérieures-Textes utiles

    SOLIDARITE KANAKY (Collectif)
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    SURVIE (Association)
    - "Kanaky-Françafrique" (48 pages .pdf)

    Un document précieux, argumenté et référencé, utile pour l'avenir du pays en regardant le rétroviseur du comportement de la France dans ses anciennes colonies.

    - "Kanaky Nouvelle-Calédonie : une colonie en lutte" (20 pages .pdf)
    Un résumé pour les non initiés de l'histoire politique du pays de 1774 à 2021, juste et bien documenté.