Environnement

  • ESSAIS NUCLÉAIRES : DES MILLIERS DE NOUVELLES VICTIMES POTENTIELLES EN POLYNÉSIE

    PUBLIÉ LE 17 MAI 2022 PAR DISCLOSE  partager sur twitter

    Un an après notre enquête sur l’impact des essais nucléaires en Polynésie, une étude de l’université de Princeton, dont Disclose est partenaire, révèle que près de 3 000 personnes ont été contaminées, en 1973, par les retombées du tir « Pallas ».

    En février dernier, sur demande d’Emmanuel Macron, 35 000 documents ont été déclassifiés par l’Etat français. Ces archives concernent les essais nucléaires réalisés entre 1966 et 1996 en Polynésie française. « Je veux la vérité et la transparence avec vous », avait alors déclaré le président de la République. C’était quelques semaines après Toxique, notre enquête sur l’impact des essais nucléaires dans le Pacifique, en partenariat avec le collectif Interprt et le programme science et sécurité globale de l’université de Princeton.

    Depuis, le chercheur Sébastien Philippe et son équipe de l’université de Princeton ont poursuivi leurs travaux de modélisation des retombées radioactives liées aux explosions atomiques. En suivant la même méthodologie que pour Toxique, ils se sont penchés sur le cas de deux nouveaux essais : « Sirius » (1966) et « Pallas » (1973).

    En calculant la trajectoire des nuages de Sirius et Pallas sur plusieurs jours, là où le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et les autorités françaises se sont cantonnées à une projection sur 24 heures, l’équipe de Princeton a découvert deux choses : lors de l’essai Sirius, l’île de Tahiti a été fortement contaminée sans que la population ne semble avoir été informée ; près de 5 000 habitants de l’archipel des Australes sont susceptibles d’avoir été contaminés par les retombées de l’essai Pallas, en 1973. Or, les essais Sirius et Pallas n’ont jamais été considérés comme des accidents nucléaires par l’Etat français.

    1966, LA PREMIÈRE CONTAMINATION DE TAHITI

    Le 4 octobre 1966, à 18h15, l’armée française tire l’essai Sirius depuis une barge posée sur le lagon de Mururoa.  Selon la modélisation du nuage effectuée en laboratoire, celui-ci a frappé l’île principale de Tahiti 18 heures plus tard. Ce résultat vient donc confirmer un article récent de chercheurs internationaux, dont un membre de l’Inserm, qui stipule que le nuage de Sirius est le deuxième plus contaminant pour Tahiti. Pourtant, à notre connaissance, les habitants de l’île n’ont pas été avertis par les autorités des risques encourus.

    Sirius a touché certaines zones de Tahiti plus que d’autres. La pre​​​​​​​​​​​​​​squ’île de Taiarapu enregistre par exemple une radioactivité dans l’air dix fois supérieure àEssai sirius 1966​​​​​​​ celle ​​​​​​​mes​​​​​​​urée à Mahina, la station où sont réalisées les principales mesures du CEA. Malgré l’importance supposée de ​​​​​​​la​​​​​​​ contamination, le gouvernement français n’a jamais réévalué les doses reçues par les populations de l’île. Le ​​​​​​​nuage de Sirius a fini par se propager à travers toute la Polynésie française, des Tuamotus aux îles Marquises, sur une zone s’étendant jusqu’à 1 800 kilomètres à l’est d​​​​​​​e Tahiti. A notre connaissance, le rapport radiologique du tir Sirius n’est toujours pas libre d’accès.

    Cet épisode s’ajoute à celui de l’essai Centaure réalisé huit​​​​​​​ ans plus tard, en juillet 1974. Dans le cadre de l’enquête Toxique, nous révélions en effet que le nuage de Centaure avait touché la totalité des habitants de Tahiti et des îles sous le Vent, soit 110 000 personnes. Une situation qui fut soigneusement passée sous silence par l’Etat français.

    LES VICTIMES DE L’ESSAI PALLAS

    En s’appuyant sur des données météorologiques correspondant à la date de l’essai Pallas, le 18 août 1973, des relevés scientifiques portant sur la taille du nuage radioactif et des archives militaires rendues publiques en 2013, l’équipe de Princeton a calculé qu’environ 5 000 habitants de l’archipel des Australes, situé à plusieurs centaines de kilomètres au sud de Papeete, ont pu être contaminés par les retombées de cet autre essai atomique.​​​​​​​

    Essai pallas 1973

    Selon un document faisant partie des archives publiées par Disclose, les militaires s’attendaient dès le départ à ce que les retombées se dirigent vers l’archipel des Australes, au sud-ouest de Mururoa. Pourtant, à notre connaissance, les autorités françaises n’ont pas alerté les habitants pour qu’ils se mettent à l’abri. En 2006, le CEA a consacré un rapport détaillé sur six accidents nucléaires connus. L’essai Pallas n’y figure pas.

    En 2021, une étude de l’Inserm avançait que la dose reçue par des mineurs de moins de 15 ans a pu atteindre 23 millisieverts (mSv) à la thyroïde, soit plus de 1 mSv sur tout le corps. Ces conclusions, en accord avec les modélisations de notre partenaire, signifient que près de 2 500 à 3 000 d’entre eux pourraient être reconnus comme victimes des essais nucléaires. De fait, ils pourraient demander réparation à l’Etat dans le cas où ils auraient développé l’une des 23 maladies radio-induites reconnues par la loi.

    DE L’IODE RADIOACTIF DANS LE LAIT

    En revanche, il est impossible de réévaluer en détail la contamination des adultes. Pour cause : les documents déclassifiés par Emmanuel Macron ne couvrent pas l’année du tir Pallas ni l’année 1974, qui marque la fin des essais atmosphériques.

    La modélisation du nuage démontre que l’île de Tahiti a aussi été touchée par les retombées radioactives. Ce qui expliquerait pourquoi l’armée française a détecté quelques semaines après l’essai Pallas une augmentation du taux d’iode radioactif dans le lait de Tahiti. Un lait qui, selon un rapport scientifique daté d’octobre 1973, était distribué « aux enfants des écoles sous forme de lait glacé aromatisé » durant la période scolaire.

  • Les PROMESSES de l'HYDROGENE

    UN DOCUMENT COMPLET sur les perspectives d'utilisation prochaine de l'HYDROGENE
    Par LA RECHERCHE - SCIENCE ET AVENIR  MARS 2021.
    13 pages, gros caractères (tps lecture : 15mn)

    A noter que ce document fait état (cf p. 11) de gisements d'hydrogène natif en Nouvelle-Calédonie !!
    Tout comme un autre document du Point, plus ancien (2016) 
    En savoir plus serait potentiellement très utile à notre pays, record mondial d'émission de CO2 par habitant !
    Avis à nos associations environnementales et à nos chercheurs ...



    (Cliquer sur la photo)

    Titre promesses h2

  • L'Etat français condamné pour inaction environnementale !

    Justice :

    L’Etat condamné pour manquements
    contre le réchauffement.

    Les ONG qui ont lancé l’assignation de L’État, dite « l’Affaire du siècle » il y a plus de deux ans parlent d’une décision historique. 2,3 millions de personnes avaient signé la pétition qui accompagnait l’assignation : c’est la plus grande pétition de l’histoire du pays.

    L’Affaire du siècle’ : l’État reconnu responsable de manquements

    3 fevrier 2021 : plus de deux ans après l’assignation de l’État français pour "inaction climatique" par quatre ONG (la Fondation Nicolas-Hulot, Oxfam, Greenpeace, Notre affaire à tous), le tribunal administratif de Paris a rendu son jugement: l’Etat est « responsable » de manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique

    Dans son jugement sur l’Affaire du Siècle le tribunal administratif de Paris juge « illégal le non-respect par l’État de ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

    L’Etat est également reconnu responsable de « préjudice écologique », indiquent dans un communiqué les quatre ONG, auxquelles l’Etat versera la somme d’un euro symbolique chacune en « réparation de leur préjudice moral »

    Une autre décision à venir dans 2 mois : la condamnation du siècle ? 

    Ce jugement marque aussi une victoire de la vérité : jusqu’ici, l’Etat niait l’insuffisance de ses politiques climatiques par rapport à ses engagements, en dépit de l’accumulation de preuves (dépassement systématique des plafonds carbone, rapports du Haut Conseil pour le Climat, etc.). »

    Néanmoins, le tribunal s’est donné un délai de deux mois (de négociations) avant de statuer sur la nécessité d’enjoindre à l’Etat de prendre des mesures pour respecter ses propres engagements en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

    Voir le jugement

  • 5 G : une analyse claire, objective et argumentée de l'UFC

    Dans un contexte ou Macron Le Hautain qualifie d'Amish (secte refusant tout progrès technologique) les opposants et hésitants à la 5G, et alors même qu'il s'empresse de lancer des appels d'offres pour les attributions sans que le rapport sur les enjeux ne soit encore rendu, ce document court, explicite, documenté et rapide à lire est plus que bienvenu.

    Cliquer ici.